Frontstalag 135 (Quimper, Finistère)

Au moment de l'Armistice du 22 juin 1940, 1.8 millions de soldats français sont prisonniers. Quel nombre ! Les Autorités allemandes sont dépassées et n'ont pas encore les moyens de tous les prendre en charge en Allemagne. En attendant la construction de camps de prisonniers de guerre sur leur territoire, les Allemands en créent partout en France. Ce sont les Frontstalag.

 

Jean-Marie est dirigé vers le Frontstalag 135 à Lanniron, sur la commune de Quimper (Finistère) où lui est attribué le matricule 278.

Source : www.genealogie.com (Liste officielle 41 des prisonniers de guerre, éditée par les allemands, mise à disposition par les Archives nationales)
Source : www.genealogie.com (Liste officielle 41 des prisonniers de guerre, éditée par les allemands, mise à disposition par les Archives nationales)
Fiche d'enregistrement de Jean-Marie au Frontstalag 135
Fiche d'enregistrement de Jean-Marie au Frontstalag 135

De ce Frontstalag, Jean-Marie est transféré en train vers l'Allemagne. Le 16 janvier 1941, il entame sa vie de Kriegsgefangenen (prisonnier de guerre en allemand) au Stalag XIB.

Gare de Fallingbostel
Gare de Fallingbostel

Stalag XIB

La Croix-Rouge a été d'une grande aide pour rassembler les information sur cette période. J'en profite pour exprimer ici ma reconnaissance à ses équipes.

Enregistrement

A l'arrivée au camp, les prisonniers sont répartis en commando de travail. Jean-Marie est affecté au commando de travail 602 (Arbeit Kommando 602) et travaille, comme beaucoup d'autres, dans une ferme des environs. 

Fiche d'enregistrement de Jean-Marie au Stalag XIB
Fiche d'enregistrement de Jean-Marie au Stalag XIB
Photo prise au Stalag XIB. Mon père est à gauche avec une casquette.
Photo prise au Stalag XIB. Mon père est à gauche avec une casquette.

Vie au Stalag XIB

Entrée principale du Stalag XIB en 1939 (photo du Fallingbostel Military Museum)
Entrée principale du Stalag XIB en 1939 (photo du Fallingbostel Military Museum)

De retour en France, il a peu parlé de de sa vie au Stalag. Voici ce dont je me souviens.

 

Il est content d'avoir eu une bonne constitution, cela lui a permis d'échanger du pain avec ses copains prisonniers.

A la ferme où il travaillait en Allemagne, il est servi en premier. Cela montre sans doute qu'il y était bien traité.

Sa maison de cultivateur breton, après la guerre, ressemble tout juste à une crèche (sorte d'étable) d'une ferme allemande.

Enfin, chaque fois que nous mangions des oeufs durs, il rappelait qu'en Allemagne, "ils les coupent au milieu".

 

Le Stalag avait sa propre vie. Un journal y était édité par des français. Voici un numéro de Noël.

Description du Stalag XIB

Le Stalag XIB se situe à Bad Fallingbostel (à Oerbke), petite ville située entre Hambourg et Hanovre dans le Lunenbourg.

Ce Stalag est créé quelques années avant la guerre pour l'entraînement des soldats allemands et la détention des résistants allemands, des juifs et des tziganes (déjà). Le nombre croissant d'allemands en desaccord avec l'idéologie nazie y sont internés.

Les nombreuses baraques s'alignent sur une grande surface. 

Carte de la zone d'entraînement du camp (1940). Fallingbostel Military Museum.
Carte de la zone d'entraînement du camp (1940). Fallingbostel Military Museum.
Photo aérienne des camps de prisonniers de guerre (1945).       Fallingbostel Military Museum.
Photo aérienne des camps de prisonniers de guerre (1945). Fallingbostel Military Museum.

Avant de quitter de camp, les responsables allemands brûlent les documents, c'est pourquoi on trouve peu d'informations (source : H. Bauman).

Brève histoire du Stalag XIB

Ce texte est traduit d'un panneau visible au Fallingbostel Military Museum.

  • 1937. Un camp de baraques est construit pour héberger les travailleurs affectés à la construction du camp militaire.
  • 1939. Le "Stalag XIB" est établi à l'intérieur du camp de baraques.
  • A la fin de 1940. Environ 2 500 prisonniers de guerres français, polonais et belges sont détenus dans le camp.
  • Mi-1941. Autour de 10 000 officiers soviétiques sont installés dans les baraques vidées.
  • Fin 1941-Début 1942. Le typhus tue plusieurs milliers de prisonniers.
  • A mi-1944. Plus de 90 000 prisonniers de guerres sont détenus au Stalag XIB venant de plus de 11 pays.

La libération

En août 1944, de Gaulle défile à Paris. La guerre n’est pas finie pour autant malgré l’espoir des prisonniers de guerre d’être ENFIN libérés et de pouvoir rentrer chez eux.

 

En effet, Hitler n’est pas prêt à se rendre, et « espérant sans doute réitérer l’exploit de 1940, avec ce qui lui reste de son armée, c'est-à-dire les jeunesses hitlériennes fanatisées, [il] lance une contre-offensive dans les Ardennes » en décembre 1944. (Source : www.encyclopedie.bseditions.fr)

 

C’est un échec et la dernière étape militaire de cette guerre (forcenée) en Europe.

 

Les Armées alliées progressent plus ou moins rapidement, mais sûrement. Les bombardements deviennent de plus en plus fréquents sur l’Allemagne ; prisonniers et civils souffrent et certaines baraques du Stalag sont détruites.

 

La délivrance est de plus en plus perceptible pour les prisonniers !!!

 

Le camp est libéré par les Anglais le 14 avril 1945.

 

 

Il a été rapatrié par les anglais et recueilli à Paris à l’hôtel Lutetia le 18 mai 1945.

La démobilisation

D’après le cachet de la SNCF, Jean-Marie a pris le train pour Quimper le 13 juin 1945 où il est enfin démobilisé.


Retour à la maison

Après 6 ans d'absence, Jean-Marie Guillerm finit par revenir chez lui.

 

Pendant son absence les choses ont bien changé.