Le besoin d'aller sur place

Suite à la prise de conscience de cette période en Allemagne  où mon père a passé plusieurs années de captivité, j'ai souhaité aller sur place. Mon objectif était de découvrir cette région, et  surtout de retrouver la famille et la ferme où il a travaillé en tant que prisonnier de guerre.

En effet, je me souviens que lorsque j'étais enfant de l'entendre dire qu'à table il était servi avant les enfants. Cela laisse penser qu'il y était bien traité;

Depuis 2003, je suis allée à Fallingbostel à 3 reprises.

2003, 1er voyage : Bel accueil et premiers pas émouvants

J'ai fait le premier voyage avec une amie parlant la langue allemande.

Nous avons  eu la chance d'être accueillies et guidées par Hinrich Baumann, le Burgmeister de l'époque, c'est l'équivalent du maire.


En hôte chaleureux et bienveillant, Hinrich Bauman a passé du temps avec nous, pour nous faire visiter les lieux : les ruines des baraques et le cimetière russe. Ce cimetière contient également le noms des prisonniers de guerre d'autres nationalités morts sur place.

Hinrich Bauman a tenu un musée local sur l'histoire du Stalag. Il a rédigé cette bible d'informations que je recommande à tous, même à ceux qui, comme moi, ne parlent pas allemand.


2013, 2ème voyage : Appel à témoins dans la presse locale

J'ai fait le deuxième voyage avec ma fille, pour partager avec elle mes découvertes et cette mémoire.

 

L'objectif pour moi était surtout de retrouver la ferme où mon père avait travaillé.

Je suis retournée voir Rosemary, rencontrée lors du premier voyage pour lui faire part de mon objectif.

 

Elle nous a accompagné chez l'ancien pharmacien d'Oerbke, Hans Helmut Jordan, qu'elle pense pouvoir nous aider.

Rosemary Alvermann et son époux
Rosemary Alvermann et son époux
Hans-Helmut Jordan nous aide dans sa pharmacie
Hans-Helmut Jordan nous aide dans sa pharmacie

Très bonne idée ! En effet, Hans-Helmut nous a donné de sérieux coups de pouce.

  • D'abord, il a créé des agrandissements numériques des vieilles photos que j'avais. Cela m'a aidé pour communiquer.
  • Ensuite, il nous a mis en contact avec le journal local, le Walsroder Zeitung, pour lancer un appel à témoins, pour quiconque pourrait reconnaître le visage de l'un des prisonniers et  le lieu devant lequel pose mon père sur la photo que j'ai de lui au Stalag. J'ai l'idée que cette photo est prise devant la ferme où il travaillait.

 

Voici l'article paru le 3 août 2003.

L'article a reçu un bon écho et Rosemary a reçu plusieurs appels. Toutefois, cela n'a pas permis d'identifier la ferme ni de glaner plus d'informations.

 

Il semblerait que de nombreuses fermes ait été rasées, notamment pour faire place à la base de l'OTAN qui s'est construite sur place après la guerre.

2015, 3ème voyage : Célébrations des 70 ans de la libération du camp

Troisième voyage en avril à l'occasion des 70 ans de la libération du camp, avec ma fille Magali. Nous avons passé 4 jours de rencontres avec d'autres enfants et petits enfants de détenus (russes et américains notamment), chacun dans sa quête de clarté. Très belles cérémonies et reconstitution étonnante. Le Fallingbostel Military Museum vaut la peine d'être visité.